L’AFAC est découragée par les suppositions racistes du Globe and Mail

COMMUNIQUÉ – PUBLICATION IMMÉDIATE 

OTTAWA (Ontario), le 27 août 2014 – L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) est déçue des propos racistes que contient l’article publié par le quotidien Globe and Mail, intitulé « Posturing is the only reason for a missing women inquiry » [Faire des vagues est la seule raison de réclamer la tenue d’une enquête sur les femmes disparues]. Cet article est symptomatique du problème auquel les Autochtones sont confrontés tous les jours. Des généralisations racistes sont souvent faites pour tenter d’écarter la vraie question, c’est-à-dire que, comparativement aux femmes non autochtones et compte tenu de leurs populations, les femmes et les filles autochtones sont expressément ciblées à des taux alarmants par des prédateurs et leurs agresseurs savent qu’ils vont probablement s’en sortir impunément.

Il n’est dit nulle part dans les rapports de l’AFAC ou de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) que les femmes autochtones disparues et assassinées sont tuées par des hommes autochtones; c’est pourtant ce que présume le Globe and Mail, laissant entendre que toutes les femmes autochtones sont tuées par des hommes autochtones et que c’est un problème « autochtone seulement ». Dans l’article, Jeffrey Simpson affirme : [traduction] « Même si le rapport ne le dit pas directement, les données suggèrent fortement que les femmes autochtones étaient (et sont) en grande partie victimisées par des hommes autochtones, ce qui veut dire que, si l’on veut savoir à quoi est dû cet état de choses, on ne trouvera pas de solutions à ce problème dans une enquête publique, mais dans les communautés autochtones – et, bien sûr, dans une réflexion plus générale sur la situation désavantagée des Autochtones au Canada. »

« Ni le rapport de la GRC ni aucun résultat des recherches effectuées par l’AFAC ne mentionnent la race des contrevenants reconnus coupables du meurtre de femmes autochtones; faire de telles généralisations est dangereux et perpétue le racisme envers les hommes autochtones », a dit la présidente de l’AFAC, Michèle Audette. Même si les résultats de la recherche démontrent que la plupart des homicides sont attribuables, le plus souvent, à un conjoint ou à quelqu’un d’autre que la victime connaissait, il n’est dit nulle part que les femmes autochtones sont mariées à des hommes autochtones et que toutes leurs connaissances sont des Autochtones. Présumer que les conjoints sont Autochtones est une erreur.

« Il est irresponsable de la part du Globe and Mail d’insinuer que les 1200 cas de disparition et de meurtre de femmes autochtones ne sont rien de plus que le résultat de la violence dans les communautés autochtones. L’affirmer, c’est détourner l’attention du vrai problème, c’est-à-dire qu’il y a considérablement plus de femmes autochtones que de femmes non autochtones qui sont tuées dans ce pays, que les enquêtes n’ont pas éte menées de manière à aboutir à une résolution et que la réponse de la justice et du public à ces crimes est très problématique », a poursuivi Mme Audette.

L’AFAC demande que le Globe and Mail rétracte ses affirmations non fondées et que les autres médias soient consciencieux lorsqu’ils abordent de telles questions comme celles- ci dans leur couverture de l’actualité afin d’éviter d’alimenter le racisme envers les Autochtones au Canada.

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) est fondée sur l’objectif commun d’améliorer, de promouvoir et de favoriser le bien-être social, économique, culturel et politique des Métisses et des femmes des Premières Nations, au sein de leurs communautés autochtones et de la société canadienne. À titre d’organisme national qui représente les femmes autochtones depuis 1974, l’AFAC a pour mandat de réaliser l’égalité pour toutes les femmes autochtones au Canada.

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14.08.27 Propos racistes par le Globe and Mail