COMMUNIQUÉ : Le gouvernement du Canada lance officiellement l’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

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Le 3 août 2016 (Ottawa, Ontario) – La campagne de 11 ans menée par l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) pour obtenir la tenue d’une enquête nationale est maintenant une réalité inébranlable, puisque le gouvernement du Canada a annoncé aujourd’hui la mise sur pied de l’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

« Nous accueillons favorablement le leadership dont le gouvernement fédéral fait preuve aujourd’hui. Après 11 ans à écouter les familles de femmes et de filles autochtones disparues et assassinées au Canada, l’AFAC est heureuse du fait que nous avons maintenant un gouvernement disposé à écouter et à agir. Nous tenons à reconnaître la grande responsabilité que les commissaires ont acceptée et nous nous engageons à les appuyer alors que la commission entreprend ses travaux. Nous reconnaissons que cinq personnes ne peuvent pas représenter la diversité de notre pays, et l’AFAC collaborera avec la commission d’enquête pour veiller à ce que soient entendues toutes les voix qui doivent l’être. »

Dawn Lavell-Harvard, présidente

La présidente Lavell-Harvard avec le représentant du KAIROS Canada Ed Bianchi, le secrétaire général du Amnistie internationale Canada (English) Alex Neve, le président du Le Congrès du travail du Canada Hassan Yussuff, le chef national de L'assemblée des peuples autochtones du Canada Dwight Dorey, et la présidente des Femmes Michif Otipemisiwak Melanie Omeniho.

La présidente Lavell-Harvard avec le représentant du KAIROS Canada Ed Bianchi, le secrétaire général du Amnistie internationale Canada (English) Alex Neve, le président du Le Congrès du travail du Canada Hassan Yussuff, le chef national de L’assemblée des peuples autochtones du Canada Dwight Dorey, et la présidente des Femmes Michif Otipemisiwak Melanie Omeniho. (Crédit de photo: Fred Chartrand)

L’AFAC veut s’assurer que 10 points clés feront partie de l’enquête.

  1. Entendre les familles de manière respectueuse et culturellement pertinente.
  2. Fournir un mécanisme approprié aux familles qui veulent faire appel à un système judiciaire afin de poursuivre l’examen de leurs cas.
  3. Fournir aux familles, pendant toute la durée du processus, y compris avant les présentations qu’elles feront à la commission, pendant leur présentation au cours de l’enquête et après leur présentation, des soutiens fondés sur une approche tenant compte des traumatismes subis.
  4. Valider les connaissances que nous avons acquises dans nos interactions et conversations avec les familles au cours des 11 dernières années, plus particulièrement :
  5. les problèmes sous-jacents qui ont entraîné le nombre de cas de femmes autochtones disparues et assassinées au pays, qui résultent directement de problèmes historiques et systémiques;
  6. reconnaître les systèmes qui doivent être modifiés, notamment le système de protection des enfants et le système judiciaire.
  7. Consolider la recherche effectuée au cours des onze dernières années, notamment par l’AFAC et par Amnistie internationale.
  8. Établir une table de recherche et des tables consultatives pour appuyer les travaux de la commission.
  9. Formuler des recommandations éclairées, fondées sur les connaissances des familles et celles qui sont issues de la recherche.
  10. Engager directement l’AFAC dans l’enquête, selon les circonstances et compte tenu de notre rôle en tant que représentantes nationales des femmes autochtones au Canada et chefs de file dans ce dossier depuis plus de onze ans.
  11. Établir des relations de travail avec les provinces pour aborder les questions clés.
  12. Établir des relations de travail avec les partenaires du système de justice pour aborder les questions clés.

L’examen du mandat de l’enquête révèle quatre aspects qui nous préoccupent.

  1. Le counseling fondé sur la culture et tenant compte des traumatismes subis semble limité à la durée de l’audition des familles et des survivants devant la commission. Le traumatisme n’est pas limité dans le temps et nous demandons que des services de counseling culturellement pertinents et tenant compte des traumatismes subis soient fournis aux familles et aux survivantes, dans leurs communautés, pendant qu’elles préparent la présentation qu’elles feront dans le cadre de l’enquête, lors de cette présentation et après celle-ci. La Commission de vérité et réconciliation nous a beaucoup appris, notamment que le récit d’un traumatisme peut en déclencher un autre. Mettons ces leçons à profit.
  1. Il ne semble pas y avoir de possibilité pour les familles de poursuivre l’examen de cas ou de rouvrir des affaires classées dans le cadre du système judiciaire. En réalité, selon la formulation du mandat, le soutien que les commissaires peuvent offrir aux familles qui veulent faire appel au système judiciaire afin de poursuivre l’examen de certains cas ou d’en rouvrir d’autres qui ont déjà fait l’objet d’un examen judiciaire, consiste à les rediriger vers les services aux victimes provinciaux ou territoriaux appropriés. Les familles ne veulent pas obtenir des services de counseling conventionnels par l’intermédiaire des services aux victimes, elles veulent que justice soit faite. Il s’agit d’une occasion manquée.
  1. Il n’est pas question dans le mandat du rôle des provinces et des territoires; nous savons pourtant que certains des problèmes systémiques nécessiteront des discussions avec les provinces, à savoir les services de police et le système de protection des enfants. Nous ne pouvons pas ignorer ce que nous savons. Des filles ont raconté qu’elles avaient été assujetties au trafic sexuel par des foyers de groupe et des motels qui font partie du système de protection des enfants. Nous avons un nombre disproportionné d’Autochtones qui sont impliqués dans le système de justice pénale. Ces questions sont toutes reliées entre elles et nous nous attendons à ce que l’enquête aborde la question du lien entre ces problèmes et la violence envers les femmes et les filles autochtones, qui est l’une des raisons pour lesquelles une enquête aura lieu.
  1. Il n’est pas fait mention explicitement de la nécessité de collaborer avec les partenaires du système de justice pour formuler des recommandations appropriées afin de nous assurer que des changements auront lieu dans ce système. Nous ne pouvons pas ignorer le fait que beaucoup de membres de familles ou de survivantes d’actes de violence sont d’avis que le système de justice ne les traite pas respectueusement ou équitablement.
La président Lavell-Harvard parle lors de la conférence de presse de L'AFAC. (Crédit de photo: Fred Chartrand)

La présidente Lavell-Harvard à la conférence de presse de L’AFAC le 3 août 2016. (Crédit de photo: Fred Chartrand)

L’AFAC poursuivra son travail dans le but de mettre fin à la violence envers les femmes et les filles autochtones.

  • L’AFAC surveillera les travaux de l’enquête et fournira à la commission une rétroaction continue.
  • L’AFAC continuera d’assurer le suivi des cas de femmes et de filles autochtones disparues et assassinées. Malheureusement, depuis la publication par la GRC en décembre 2015 de son rapport actualisé, 14 autres femmes et filles ont été portées disparues ou victimes de meurtre.
  • L’AFAC surveillera le progrès accompli par la CBC dans l’enquête que mène la société de radiodiffusion au sujet de 34 cas dans différentes régions du Canada où il y a eu mort ou disparition de femmes autochtones dont les familles disent qu’elles n’acceptent pas les conclusions de la police. Ces cas ont quelque chose à nous apprendre; nous militerons en faveur des modifications qui s’imposent dans le système de justice et dans notre société.
  • Nous poursuivrons également notre travail dans les dossiers de la violence sexuelle, la violence familiale, la traite d’êtres humains et le trafic sexuel, qui font partie de la violence envers les femmes autochtones.

 

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) est fondée sur l’objectif commun d’améliorer, de promouvoir et de favoriser le bien-être social, économique, culturel et politique des femmes des Premières Nations et des Métisses au sein des sociétés autochtones et de la société canadienne. À titre d’organisme national qui représente les femmes autochtones depuis 1974, l’AFAC a pour mandat d’accomplir l’égalité pour toutes les femmes autochtones au pays.

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Pour obtenir plus d’information, s’adresser à :

Dan Peters
Directeur général intérimaire
1, rue Nicholas, 9e étage
Ottawa, ON  K1N 7B7
Téléphone : 613-722-3033, poste 249
Sans frais : 1-800-461-4043
Courriel : dpeters@nwac.ca

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