COMMUNIQUÉ : Le Comité des Nations Unies pour l’Élimination de la Discrimination à l’égard des Femmes tient le Canada responsable de ses Résultats Décevants en Matière de Droits des Femmes

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le 28 octobre, 2016 (GENÈVE, Suisse) – Les résultats du Canada en matière d’égalité des femmes ont été la cible de toutes les critiques aux Nations Unies, à Genève, cette semaine. La 65e session du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) a lieu à un moment opportun pour les Canadiennes. Le Canada a un nouveau gouvernement fédéral, ainsi qu’un premier ministre qui se dit féministe, préconise une relation de nation à nation et reconnaît que « la pauvreté est sexiste ». Nous savons que les mots comptent, mais il nous faut maintenant de l’action.

Des décennies de modifications législatives régressives et de réductions budgétaires ont considérablement érodé les droits des femmes au Canada, en vertu de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW). Depuis 1995, le Canada est passé de la première à la 25e place sur l’Indice d’inégalités de genre des Nations Unies.

Dans le but d’assurer l’égalité des sexes, le Canada a besoin d’un plan national holistique et exhaustif qui aborde toutes les formes de discrimination envers les femmes et les filles. L’approche doit être intersectorielle, compte tenu du fait que des groupes particuliers – femmes et de filles des Premières Nations, Inuites et Métisses, racialisées, handicapées, immigrantes, transgenres, lesbiennes, bisexuelles et mères seules – font l’objet de formes particulières de discrimination et de désavantage aggravé.

Les organisations de femmes autochtones, de droits des femmes et de droits de la personne accueillent favorablement la création de l’enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées. Cependant, nous demeurons préoccupées par l’insuffisance du cadre de référence et par le fait que 37 autres recommandations de l’enquête sur la crise des meurtres et disparitions menée par le comité CEDAW n’ont pas encore été mises en œuvre.

Comme l’a démontré l’Association des femmes autochtones du Canada, les femmes autochtones demeurent marginalisées. « Les femmes et les filles autochtones au Canada sont affectées par des taux de suicide parmi les plus élevés au monde, une surreprésentation dans les prisons et des taux élevés de violence sexualisée », a déclaré Pam Palmater, Ph. D., titulaire de la chaire de gouvernance autochtone de l’Université Ryerson, qui ajoute : « Ces circonstances sont la conséquence d’années de colonisation, d’usurpation de terres et de ressources naturelles, de lois gouvernementales discriminatoires, de sous-financement chronique de programmes sociaux d’importance cruciale relatifs à l’eau, l’alimentation, le logement, la santé et l’éducation, ainsi que le vol d’enfants placés en foyers de substitution. De plus, ces circonstances sont exacerbées par les répercussions dévastatrices de l’industrie extractive, à laquelle on permet de pratiquer ses activités sans le consentement des Autochtones. »

Au Canada, l’écart de salaire entre les hommes et les femmes est deux fois celui de la moyenne nationale. Les tendances de ségrégation en matière d’emploi entre hommes et femmes restent inchangées; les femmes sont concentrées dans des emplois traditionnellement féminins, moins payés, et elles sont surreprésentées dans les emplois précaires et à temps partiel. Il faut une législation en matière d’équité salariale et de soin des enfants adéquate, à l’échelle du pays, en parallèle à de nouvelles stratégies énergiques qui supposent la participation de tous les ordres de gouvernement pour remédier aux inégalités structurelles et combler l’écart salarial. « En raison de ce qu’on appelle la taxation de la maternité (« motherhood tax »), les mères canadiennes gagnent 12 % moins d’argent que les femmes qui n’ont pas d’enfants », a déclaré la directrice générale de West Coast LEAF, Kasari Govender. « L’écart s’élargit à mesure que le nombre d’enfants augmente. Il est également plus grand pour les mères seules et celles qui sont restées plus longtemps éloignées du travail rémunéré. »

Le Canada manque à son devoir de respect, de protection et de réalisation des droits économiques et sociaux des femmes et des filles. Trop de femmes au Canada connaissent la pauvreté, l’itinérance, des logements précaires, des revenus d’aide sociale lamentablement inadéquats, l’insécurité alimentaire et d’autres formes de violation du droit à un niveau de vie suffisant. Les organisations de la société civile recommandent avec insistance au Canada de bonifier immédiatement le montant du Transfert canadien en matière de programmes sociaux aux provinces et aux territoires et de réserver expressément pour l’aide sociale des fonds suffisants assortis de conditions pour assurer la reddition de comptes en ce qui concerne les obligations liées aux droits, de veiller à ce qu’une approche axée sur les droits et les questions de genre soit appliquée à la stratégie nationale du Canada en matière de logement et d’améliorer l’accès à l’éducation pour les femmes autochtones.

Il reste que, souvent, la violence des hommes envers les femmes n’est pas signalée à la police et que les autorités policières et le système de justice pénale manquent à leurs devoirs envers les femmes. Des services inadéquats et sous-financés pour la prévention de la violence et le soutien des survivants, des logements à prix abordable et des refuges accessibles aux femmes qui fuient la violence, particulièrement dans les communautés rurales et nordiques, sont des violations des droits des femmes et des filles de vivre dans la sécurité, libres de violence. Selon l’Association des femmes autochtones du Canada, la violence racialisée affecte de façon disproportionnée les femmes et les filles autochtones au pays.

Les permis de travail fermés attribués à un employeur précis compliquent la situation des femmes migrantes, notamment celles qui s’occupent de soins aux enfants, qui voudraient quitter un emploi parce que l’employeur abuse de ses employés. Le Canada doit mettre fin à son utilisation de permis de travail fermés dans le Programme des travailleurs étrangers temporaires.

L’accès à l’avortement, médical et chirurgical, particulièrement dans les régions rurales et nordiques nous préoccupe beaucoup. Le Canada est l’un des seuls pays qui se soient dotés d’un régime de soins de santé dépourvu d’un programme national d’assurance-médicaments. Le coût de certains régimes médicamenteux pénalise certains groupes de femmes, notamment les femmes enceintes qui veulent avoir un avortement médical et les femmes séropositives.

Un écart de mise en œuvre important persiste entre les obligations du Canada en matière de droits fondamentaux des femmes et l’actualisation de ces droits dans les lois, les politiques et les programmes nationaux. Il est temps que notre gouvernement fédéral fasse preuve de leadership et collabore avec les provinces et les territoires pour assurer la mise en œuvre de la Convention CEDAW et qu’il lance une initiative nationale exhaustive pour faire en sorte que toutes les femmes au Canada puissent jouir des garanties que garantit la Convention.

Aboriginal Legal Services
Amnistie internationale
Barbara Schlifer Clinic
BC CEDAW Group
Canada sans pauvreté
Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry
Alliance canadienne féministe pour l’action internationale (AFAI)
La titulaire de la chaire de gouvernance autochtone (Université Ryerson), Pam Palmater, Ph. D.
Coalition of Child Care Advocates of BC
Indigenous Women Against the Sex Industry
Mines Alerte Canada
Association des femmes autochtones du Canada (AFAC)
OXFAM
West Coast LEAF

Cliquez ici pour consulter le rapport conjoint de l’AFAC et l’AFAI, présenté à la 65e session du comité CEDAW

 

CONTACTS MÉDIA

Christa Big Canoe, directrice, Services juridiques (criminalisation des femmes autochtones; expériences de victimes autochtones de violence sexuelle; iniquités en éducation); Téléphone : + 1 647-227-4392; courriel : canoecd@lao.on.ca

Michèle Biss, coordonnatrice de l’éducation juridique et de la liaison avec l’extérieur (itinérance; pauvreté; insécurité alimentaire; taux d’aide sociale inadéquats; salaire minimum; écart salarial; mise en œuvre des droits socioéconomiques et culturels); Téléphone : +1 613-697-8743; courriel : michele@cwp-csp.ca

Shelagh Day, présidente, Comité des droits de la personne, Alliance canadienne féministe pour l’action internationale (discrimination envers les femmes dans la Loi sur les Indiens; égalité des femmes; violence envers les femmes); Téléphone : +1 604-872-0750; courriel : shelagh.day@gmail.com

Viveca Ellis, organisatrice communautaire, Single Mother’s Alliance (Groupe CEDAW de la Colombie-Britannique (engagement communautaire); Téléphone : +1 604 366 1008; courriel : info@singlemothersbc.org

Kasari Govender, directrice générale, West Coast LEAF (soin des enfants; droits fondamentaux des femmes; accès à la justice; pauvreté); Téléphone : +1 604-684-8772 x211; courriel : exec@westcoastleaf.org

Sharon Gregson, The Coalition of Child Care Advocates of BC (soin des enfants); Téléphone : 604-505-5725

Kamila Graczyk, coordonnatrice adjointe des communications, Association des femmes autochtones du Canada; Téléphone : +1 613-722-3033 x235; courriel : kgraczyk@nwac.ca

Pam Palmater, Ph. D., titulaire de la chaire de gouvernance autochtone, Université Ryerson (violence envers les femmes; droits, titre ancestral, souveraineté, incarcération des Autochtones et placement d’enfants en foyers de substitution); Courriel : ppalmater@politics.ryerson.ca

Kim Pate, directrice générale (femmes en détention), Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry; Téléphone : 1 613 238 2422; courriel : kpate@web.ca

Pamela Rice, Barbara Schlifer Clinic; Téléphone : + 1 416-312-8998; courriel : p.rice@schliferclinic.com

Cherry Smiley, Indigenous Women Against the Sex Industry (femmes autochtones); Courriel : contactIWASI@gmail.com

COMMUNIQUÉ: Après la perte tragique de quatre jeunes filles, l’AFAC réclame des mesures immédiates pour contrer la crise du suicide chez les jeunes Autochtones

le 20 octobre 2016 (Ottawa, Ontario) – Après la perte tragique de quatre jeunes filles en une semaine, l’Association des femmes autochtones du Canada réclame que des mesures immédiates soient prises pour contrecarrer la crise du suicide de jeunes dans les communautés autochtones, qui va en s’aggravant. Les communautés autochtones de Stanley Mission, La Ronge et Deschambault Lake, dans le nord de la Saskatchewan pleurent quatre jeunes filles, âgées de 10 à 14 ans, qui se sont enlevé la vie.

Les suicides qui ont eu lieu au cours de ce mois, ainsi que la crise qui a eu lieu récemment dans la communauté d’Attawapiskat, dans le nord de l’Ontario, illustrent le peu de compréhension que nous avons de ce que vivent les jeunes Autochtones, filles et garçons, et à quel point notre réaction est inadéquate.

« Nous perdons nos filles autochtones de nombreuses façons. En une semaine, nous avons perdu au suicide quatre filles âgées de 10 à 14 ans. Elles ne trouvaient pas l’espoir qui leur aurait permis de continuer à vivre. Nous avons collectivement manqué à notre responsabilité envers elles, parce que nous ne leur avons pas montré qu’elles étaient valorisées et que nous allons contrer la violence systémique qui ne reconnaît ni leur beauté ni leur valeur. Nous n’avons rien fait collectivement pour empêcher qu’on leur dise qu’elles ne n’étaient dignes d’un système scolaire, d’un système de soins de santé, d’aide au bien-être des enfants, d’un système de soins à domicile égaux à ceux auxquels ont accès les autres enfants, à quelque pas de chez eux, qui ne vivent pas dans une réserve. Nous leur avons dit qu’elles sont moins importantes que les autres enfants et qu’elles peuvent donc vivre dans des logements insalubres où l’eau est imbuvable. Ce n’est pas la perte des familles ni celle des communautés : cette tragédie est notre perte collective. Nous avons perdu nos enfants. »

–  Francyne Joe, présidente

Une veille à La Ronge, Saskatchewan dans la mémoire des quatre filles perdues. (Crédit photo: Don Somers, CBC)
Une veille à La Ronge, Saskatchewan dans la mémoire des quatre filles perdues. (Crédit photo: Don Somers, CBC)

La réaction à cette crise n’est pas de fournir des soutiens en matière de santé mentale pendant la crise pour laisser les choses revenir au même point ensuite. Les communautés ont besoin de fonds pour des services de counseling en santé mentale adaptés à la culture, ainsi que des soutiens et des programmes pour les jeunes à risque, mais il faut aussi une réponse systémique exhaustive aux communautés qui perdent leurs enfants. Le travail de Cindy Blackstock, par l’intermédiaire de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada pointe constamment du doigt les problèmes auxquels nous devons remédier pour nos enfants et nos jeunes autochtones.

Les résultats des politiques gouvernementales d’assimilation, comme les pensionnats autochtones et la rafle des années 60, ainsi qu’un régime soutenu de racisme, de misogynie et de sexualisation des femmes et des filles autochtones ont mené à des taux plus élevés d’anxiété, de dépression, de troubles de stress post-traumatique et à d’autres problèmes de santé mentale dans les communautés autochtones, particulièrement chez les femmes et les filles. Cette situation mène les personnes qui en souffrent à s’infliger des blessures à elles-mêmes et à se suicider. Selon Santé Canada (2012), le suicide est devenu l’une des causes de décès les plus courantes pour les jeunes et les adultes autochtones (jusqu’à l’âge de 44 ans).

Les jeunes Autochtones qui cherchent des services de counseling en matière de santé mentale et d’intervention de crise adaptés à leur culture devraient appeler la ligne d’écoute sans frais, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, au numéro 1‑855‑242‑3310. Les services sont offerts en anglais et en français, de même qu’en cri, en ojibwé et en inuktitut.

 

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) est fondée sur l’objectif commun d’améliorer, de promouvoir et de favoriser le bien-être social, économique, culturel et politique des femmes des Premières Nations et des Métisses au sein des sociétés autochtones et de la société canadienne. À titre d’organisme national qui représente les femmes autochtones depuis 1974, l’AFAC a pour mandat d’accomplir l’égalité pour toutes les femmes autochtones au pays.

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Pour obtenir plus d’information, s’adresser à :

Dan Peters
Directeur général intérimaire
1, rue Nicholas, 9e étage
Ottawa, ON  K1N 7B7
Téléphone : 613-722-3033, poste 249
Sans frais : 1-800-461-4043
Courriel : dpeters@nwac.ca

COMMUNIQUÉ: L’AFAC offre ses condoléances sincères à la famille et aux êtres chers de feu Annie Pootoogook

le 13 octobre 2016 (Ottawa, Ontario) – Du fond du cœur, l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) offre ses sincères condoléances à la famille et aux êtres chers de feu Annie Pootoogook, ainsi qu’à ses connaissances de la communauté inuite. Nous compatissons avec les membres de toute la communauté inuite au Canada, qui pleurent cette artiste admirée et internationalement reconnue. Une cérémonie de commémoration a eu lieu aujourd’hui, à l’église St. Paul’s Eastern United, à Ottawa (Ontario); les funérailles se sont déroulées hier, à Cape Dorset (Nunavut), communauté d’origine de Mme Pootoogook.

En solidarité avec l’Inuit Tapiriit Kanatami et Pauktuutit Inuit Women of Canada, nous condamnons vivement les propos racistes et désobligeants affichés en ligne par un agent de police d’Ottawa après la découverte du corps de Mme Pootoogook dans la rivière Rideau, à Ottawa, le 19 septembre.

Rebecca Kudloo, présidente de Pauktuutit Inuit Women of Canada, a déclaré : « Nous ne commenterons pas la mort d’Annie maintenant, par respect pour la volonté de sa famille. »

L’AFAC appuie Natan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami, qui demande que des mesures disciplinaires sévères soient prises à l’endroit de l’agent dont les paroles blessantes et méprisables attirent davantage l’attention sur le problème du racisme systémique envers les peuples autochtones au Canada et l’urgente nécessité d’y remédier.

Les membres des familles et de la communauté appelant à la justice pour Annie Pootoogook à la veille du 4 octobre à Ottawa (Ontario).
Les membres des familles et de la communauté appelant à la justice pour Annie Pootoogook à la veille du 4 octobre à Ottawa (Ontario).

« Deux mois à peine depuis le lancement officiel de l’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, dont le cadre de référence souligne comment le rôle du racisme institutionnel dans les organismes d’application de la loi entraîne des enquêtes de police inadéquates dans le cas de crimes violents envers les femmes autochtones, il est absolument répréhensible que l’agent de police d’Ottawa se permette de discréditer la communauté autochtone d’Ottawa sans répercussions », a dit la présidente de l’AFAC, Francyne Joe.

Les membres des familles et les proches pleurent la perte de l'artiste renommée mondiale Annie Pootoogook.
Les membres des familles et les proches pleurent la perte de l’artiste renommée mondiale Annie Pootoogook.

Annie Pootoogook, 46 ans, était une artiste inuite mondialement reconnue; ses dessins à l’encre et au crayon représentant la vie quotidienne et les difficultés des populations du Nord lui ont valu la célébrité internationale et de nombreux prix. Ses œuvres sont exposées dans de nombreux musées et galeries au Canada, aux États-Unis et en Europe. Le talent artistique est une tradition familiale et communautaire, à Cape Dorset; Annie Pootoogook était la fille d’un couple d’artistes inuits renommés, Napachie Pootoogook et Eegyvudluk Pootoogook et la petite-fille de la récipiendaire de l’Ordre du Canada Pitseolak Ashoona.

En tant qu’artiste dont le travail a un effet de sensibilisation aux problèmes auxquels sont confrontées les communautés inuites dans le Nord et en tant que femme autochtone forte, Annie Pootoogook et sa famille méritent le respect, l’empathie et la justice, tant du public canadien en général que du service de police d’Ottawa. Nous avons la responsabilité collective d’honorer Annie Pootoogook et de célébrer son importante contribution au monde.

 

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) est fondée sur l’objectif commun d’améliorer, de promouvoir et de favoriser le bien-être social, économique, culturel et politique des femmes des Premières Nations et des Métisses au sein des sociétés autochtones et de la société canadienne. À titre d’organisme national qui représente les femmes autochtones depuis 1974, l’AFAC a pour mandat d’accomplir l’égalité pour toutes les femmes autochtones au pays.

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COMMUNIQUÉ : Des communautés partout au Canada observent la 11e veille annuelle de Sœurs par l’esprit du 4 octobre pour honorer les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

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le 4 octobre 2016 (Ottawa, Ontario) – Partout au Canada des communautés tiennent des veilles pour honorer et commémorer la vie des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées dans le cadre des veilles annuelles de Sœurs par l’esprit.

Pendant 11 ans, depuis 2006, les membres de familles éprouvées par la perte d’un être cher, les membres de communautés et les citoyens que ce problème préoccupe se rassemblent le 4 octobre pour organiser des veilles à la chandelle, des rassemblements et des festins communautaires pour honorer nos sœurs, filles, mères, guérisseuses, éducatrices et dirigeantes perdues.

La veille annuelle de Sœurs par l’esprit du 4 octobre du l'année 2015.
La veille annuelle de Sœurs par l’esprit du 4 octobre du l’année 2015.

« Je veux reconnaître la force et la résilience des dirigeantes autochtones partout au pays qui ont créé et fortifié ce mouvement de changements social en exerçant des pressions chaque année sur les gouvernements pour qu’ils agissent face aux taux alarmants de violence envers les femmes et les filles autochtones », dit la présidente intérimaire de l’AFAC, Francyne Joe. « Cette année, les veilles de Sœurs par l’esprit du 4 octobre revêtent une importance cruciale, alors que nous portons notre attention et nos attentes à l’égard du travail de l’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. »

Les premières veilles de Sœurs par l’esprit du 4 octobre ont eu lieu en 2006; l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) avait alors entrepris une recherche détaillée relativement aux taux alarmants de violence envers les femmes et les filles autochtones au Canada, sous la bannière du projet de recherche et de politiques Sœurs par l’esprit, financé par Condition féminine Canada. La base de données qui en est résultée a permis de constater que plus de 582 femmes et filles autochtones avaient été victimes de meurtre ou portées disparues au Canada; ce chiffre a par la suite été porté à 1 181 personnes avec la publication du rapport de la GRC en 2014.

L'aînée algonquin Annie Smith St. George à la veille du 4 octobre du l'année 2015.
L’aînée algonquin Annie Smith St. George à la veille du 4 octobre du l’année 2015.

Près de 100 communautés à l’échelle du Canada tiendront des veilles de Sœurs par l’esprit du 4 octobre, cette année, illustrant la force et le leadership des femmes, des familles et des communautés autochtones dans leur appui aux membres des familles éprouvées et la sensibilisation du public à cette crise tragique de la société canadienne.

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) est solidaire des nombreuses communautés qui observent des veilles du 4 octobre, aujourd’hui, dans la lutte contre la violence et les injustices infligées à nos femmes et filles autochtones.

 

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) est fondée sur l’objectif commun d’améliorer, de promouvoir et de favoriser le bien-être social, économique, culturel et politique des femmes des Premières Nations et des Métisses au sein des sociétés autochtones et de la société canadienne. À titre d’organisme national qui représente les femmes autochtones depuis 1974, l’AFAC a pour mandat d’accomplir l’égalité pour toutes les femmes autochtones au pays.

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COMMUNIQUÉ: Un Rapport Commun de l’AFAC et de Statistique Canada Démontre des Taux Élevés d’Idées Suicidaires chez les Jeunes Autochtones

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le 13 octobre 2016 (Ottawa, Ontario) – L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC), en collaboration avec Statistique Canada, a publié un rapport fondé sur les données provenant de l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2012, qui est intitulé Pensées suicidaires au cours de l’année précédente parmi les Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuits âgés de 18 à 25 ans : prévalence et caractéristiques connexes. Les résultats de ce rapport ne sont pas étonnants, puisque la perte d’êtres chers par le suicide est une réalité dans beaucoup de communautés autochtones depuis plusieurs générations.

La prévalence de pensées suicidaires au cours de la vie parmi les jeunes adultes autochtones était presque deux fois plus élevée (27 %) que chez leurs homologues non autochtones (15 %). Les statistiques montrent, en particulier chez les jeunes femmes autochtones, une tendance à une prévalence plus élevée de pensées suicidaires au cours de la vie et qu’elles sont plus susceptibles que les hommes de déclarer avoir eu des troubles de l’humeur et/ou d’anxiété et un climat d’intimidation à l’école.

En 2012, de 5 à 10 % des jeunes adultes parmi les Premières Nations, les Métis et les Inuits ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze mois précédents. Parmi les trois groupes autochtones à l’étude, les jeunes adultes qui déclaraient avoir des troubles de l’humeur et/ou d’anxiété, avoir déjà consommé des drogues ou avoir éprouvé du désespoir étaient plus susceptibles d’avoir eu des pensées suicidaires au cours de la dernière année.

Inversement, un niveau élevé d’estime de soi était associé à une probabilité réduite de pensées suicidaires chez les membres des Premières Nations vivant hors des réserves, les Métis et les Inuits. Des liens solides avec les membres de la famille élargie et la fréquentation d’un établissement d’études postsecondaires n’étaient associés que dans le cas des jeunes adultes des Premières Nations hors réserve. Ces associations pourraient nourrir la discussion sur l’élaboration et l’évaluation de programmes de prévention du suicide axés sur le genre et la communauté particuliers aux groupes cibles.

Dans des travaux de recherche publiés en 2008, Chandler et Lalonde ont conclu que certains facteurs ont un effet protecteur contre le suicide. Ces facteurs comprennent l’habilitation des communautés et des individus, le contrôle de la vie personnelle, les liens à la culture, la participation des femmes aux conseils de bande locaux et le contrôle des services aux enfants et aux familles dans la communauté.

L’AFAC applaudit l’engagement que le gouvernement libéral a annoncé récemment d’investir 70 millions de dollars en nouveau financement au cours des trois prochaines années pour contrer l’état de crise liée à la santé et au suicide chez les Autochtones qui vivent dans des réserves et dans les territoires. Cependant, le besoin de solutions à long terme, de ressources améliorées et de services de santé mentale sensibles à la culture pour les Autochtones sur et hors réserve est urgent afin de contrer cette crise et de remédier aux problèmes systémiques sous-jacents qui contribuent au risque de suicide et aux pensées suicidaires chez les jeunes Autochtones, partout au Canada.

CITATION :

« L’épidémie de suicides dans nos communautés autochtones impose d’agir immédiatement. C’est seulement par le partage des connaissances et l’application de la recherche dans des programmes de prévention viables qu’on peut réduire les taux effarants de pensées suicidaires parmi les jeunes Autochtones. Les interventions doivent être adaptées aux besoins spécifiques des communautés. »

— Francyne Joe, présidente, l’Association des femmes autochtone du Canada

 

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) est fondée sur l’objectif commun d’améliorer, de promouvoir et de favoriser le bien-être social, économique, culturel et politique des femmes des Premières Nations et des Métisses au sein des sociétés autochtones et de la société canadienne. À titre d’organisme national qui représente les femmes autochtones depuis 1974, l’AFAC a pour mandat d’accomplir l’égalité pour toutes les femmes autochtones au pays.

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COMMUNIQUÉ : L’AFAC est Déçue du Peu de Progrès de l’Enquête Nationale sur les Femmes et les Filles Autochtones Disparues et Assassinées

le 5 octobre 2016 (Ottawa, Ontario) – À l’occasion des veilles de Sœurs par l’esprit du 4 octobre, nous avons entendu des membres de familles autochtones éprouvées par la disparition ou le meurtre d’un être cher exprimer leur déception et leurs préoccupations du fait que l’enquête nationale tarde à commencer. L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) veut aussi exprimer sa déception et sa frustration face à l’absence de progrès substantiels de l’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées depuis son lancement, le 3 août 2016.

« Nous sommes très inquiètes », a dit la présidente de l’AFAC, Francyne Joe. « Le mandat de deux ans de la commission laisse très peu de temps pour les tâches qui font l’objet de son mandat : établir des organismes consultatifs régionaux et portant sur certains aspects particuliers de la question, créer des services de consultation sensibles à la culture et conscients de l’importance des traumatismes, mettre en marche un important processus d’écoute des familles, des êtres chers et des survivantes dans l’expression de leurs histoires, partout au Canada. »

Les familles et les proches de MMIWG à la vielle du 4 Octobre de 2016 à Ottawa.
Les familles et les proches de MMIWG à la vielle du 4 Octobre de 2016 à Ottawa.

« Après 11 années au cours desquelles nous avons fait de la recherche en profondeur, publié des rapports volumineux et mené des campagnes de sensibilisation pour la tenue d’une enquête nationale sur les taux alarmants de violence envers les femmes et les filles autochtones, nous sommes très déçues de voir que plus de deux mois après le début d’un mandat de deux ans, l’enquête ne semble avoir fait aucun progrès. Les membres des familles et les êtres chers éprouvés attendent depuis des décennies l’occasion de se faire entendre. Nous reconnaissons que c’est une tâche exigeante que de lancer le processus d’une enquête nationale, mais le manque de communication est décevant et inquiétant », a dit la présidente Francyne Joe.

Les membres des familles, les êtres chers et les survivantes méritent une enquête nationale transparente, capable de rendre la justice et d’honorer correctement les plus de 1200 femmes et filles autochtones disparues et assassinées au Canada. Pour que l’enquête nationale soit transparente, il faut, entre autres éléments d’infrastructure nécessaires à la réussite de l’enquête, de l’information facilement accessible sur l’emplacement des bureaux dans les différentes régions du Canada et les coordonnées des commissaires et de leur personnel, un guide étape par étape de participation à l’enquête et un site Web simple et cohérent.

Les familles et les proches expriment leur inquiétude sur le manque de progrès dans l'enquête nationale.
Les familles et les proches expriment leur inquiétude sur le manque de progrès dans l’enquête nationale.

Le moment est venu pour la commission d’enquête de démontrer sa compétence en s’attaquant adéquatement aux causes systémiques qui sous-tendent les taux élevés de violence envers les femmes et les filles autochtones. L’immense responsabilité associée à la tâche énorme d’aborder l’un des pires cas de violations des droits de la personne de toute l’histoire du Canada ne laisse place à aucun gaspillage. C’est maintenant qu’il faut commencer cet important travail.

L’Association des femmes autochtones du Canada entend surveiller le progrès accompli par l’enquête nationale et continuera d’exercer des pressions sur la commission d’enquête pour qu’elle se montre à la hauteur des ententes élevées des familles éprouvées.

 

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) est fondée sur l’objectif commun d’améliorer, de promouvoir et de favoriser le bien-être social, économique, culturel et politique des femmes des Premières Nations et des Métisses au sein des sociétés autochtones et de la société canadienne. À titre d’organisme national qui représente les femmes autochtones depuis 1974, l’AFAC a pour mandat d’accomplir l’égalité pour toutes les femmes autochtones au pays.

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