COMMUNIQUÉ: Après la perte tragique de quatre jeunes filles, l’AFAC réclame des mesures immédiates pour contrer la crise du suicide chez les jeunes Autochtones

le 20 octobre 2016 (Ottawa, Ontario) – Après la perte tragique de quatre jeunes filles en une semaine, l’Association des femmes autochtones du Canada réclame que des mesures immédiates soient prises pour contrecarrer la crise du suicide de jeunes dans les communautés autochtones, qui va en s’aggravant. Les communautés autochtones de Stanley Mission, La Ronge et Deschambault Lake, dans le nord de la Saskatchewan pleurent quatre jeunes filles, âgées de 10 à 14 ans, qui se sont enlevé la vie.

Les suicides qui ont eu lieu au cours de ce mois, ainsi que la crise qui a eu lieu récemment dans la communauté d’Attawapiskat, dans le nord de l’Ontario, illustrent le peu de compréhension que nous avons de ce que vivent les jeunes Autochtones, filles et garçons, et à quel point notre réaction est inadéquate.

« Nous perdons nos filles autochtones de nombreuses façons. En une semaine, nous avons perdu au suicide quatre filles âgées de 10 à 14 ans. Elles ne trouvaient pas l’espoir qui leur aurait permis de continuer à vivre. Nous avons collectivement manqué à notre responsabilité envers elles, parce que nous ne leur avons pas montré qu’elles étaient valorisées et que nous allons contrer la violence systémique qui ne reconnaît ni leur beauté ni leur valeur. Nous n’avons rien fait collectivement pour empêcher qu’on leur dise qu’elles ne n’étaient dignes d’un système scolaire, d’un système de soins de santé, d’aide au bien-être des enfants, d’un système de soins à domicile égaux à ceux auxquels ont accès les autres enfants, à quelque pas de chez eux, qui ne vivent pas dans une réserve. Nous leur avons dit qu’elles sont moins importantes que les autres enfants et qu’elles peuvent donc vivre dans des logements insalubres où l’eau est imbuvable. Ce n’est pas la perte des familles ni celle des communautés : cette tragédie est notre perte collective. Nous avons perdu nos enfants. »

–  Francyne Joe, présidente

Une veille à La Ronge, Saskatchewan dans la mémoire des quatre filles perdues. (Crédit photo: Don Somers, CBC)
Une veille à La Ronge, Saskatchewan dans la mémoire des quatre filles perdues. (Crédit photo: Don Somers, CBC)

La réaction à cette crise n’est pas de fournir des soutiens en matière de santé mentale pendant la crise pour laisser les choses revenir au même point ensuite. Les communautés ont besoin de fonds pour des services de counseling en santé mentale adaptés à la culture, ainsi que des soutiens et des programmes pour les jeunes à risque, mais il faut aussi une réponse systémique exhaustive aux communautés qui perdent leurs enfants. Le travail de Cindy Blackstock, par l’intermédiaire de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada pointe constamment du doigt les problèmes auxquels nous devons remédier pour nos enfants et nos jeunes autochtones.

Les résultats des politiques gouvernementales d’assimilation, comme les pensionnats autochtones et la rafle des années 60, ainsi qu’un régime soutenu de racisme, de misogynie et de sexualisation des femmes et des filles autochtones ont mené à des taux plus élevés d’anxiété, de dépression, de troubles de stress post-traumatique et à d’autres problèmes de santé mentale dans les communautés autochtones, particulièrement chez les femmes et les filles. Cette situation mène les personnes qui en souffrent à s’infliger des blessures à elles-mêmes et à se suicider. Selon Santé Canada (2012), le suicide est devenu l’une des causes de décès les plus courantes pour les jeunes et les adultes autochtones (jusqu’à l’âge de 44 ans).

Les jeunes Autochtones qui cherchent des services de counseling en matière de santé mentale et d’intervention de crise adaptés à leur culture devraient appeler la ligne d’écoute sans frais, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, au numéro 1‑855‑242‑3310. Les services sont offerts en anglais et en français, de même qu’en cri, en ojibwé et en inuktitut.

 

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) est fondée sur l’objectif commun d’améliorer, de promouvoir et de favoriser le bien-être social, économique, culturel et politique des femmes des Premières Nations et des Métisses au sein des sociétés autochtones et de la société canadienne. À titre d’organisme national qui représente les femmes autochtones depuis 1974, l’AFAC a pour mandat d’accomplir l’égalité pour toutes les femmes autochtones au pays.

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Pour obtenir plus d’information, s’adresser à :

Dan Peters
Directeur général intérimaire
1, rue Nicholas, 9e étage
Ottawa, ON  K1N 7B7
Téléphone : 613-722-3033, poste 249
Sans frais : 1-800-461-4043
Courriel : dpeters@nwac.ca

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