La nouvelle structure fédérale des Affaires autochtones doit inclure la pleine consultation des femmes autochtones

OTTAWA (Ontario), le 29 août 2017 – Au moment où le gouvernement du Canada annonce l’établissement de deux nouveaux ministères pour faire le travail accompli auparavant par Affaires autochtones et du Nord Canada (AANC), l’Association des femmes autochtones du Canada soutient qu’elle doit être incluse dans les processus décisionnels qui entourent la structure et la mise en œuvre des changements.

« Le gouvernement du Canada a tenu compte en priorité de ses propres besoins en créant deux nouveaux ministères sans le consentement préalable libre et éclairé des femmes autochtones », a déclaré la présidente de l’AFAC, Francyne D. Joe. L’obligation de consulter les institutions qui représentent les peuples autochtones est reconnue par l’article 19 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et confirmée par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. « Sans avoir été consultées, nous nous trouvons soudain dans la position de développer la capacité de dialoguer avec la ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord et la ministre des Services aux Autochtones », de dire Mme Joe.

« Cette double approche peut présenter un risque : celui que la nouvelle délégation des responsabilités crée encore plus d’obstacles administratifs à l’habilitation des femmes autochtones. La priorité doit être accordée aux besoins des communautés. Nous nous attendons à participer pleinement à la prise de décisions pour toutes les questions qui touchent les femmes et les filles autochtones, y compris la formation des changements structurels. »

« Il a fallu 20 ans au gouvernement pour mettre en œuvre la recommandation du Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones (CRPA) de réorganiser le Ministère en nouveaux ministères distincts. Pour être fidèle à l’esprit de la CRPA, il faut aussi donner suite à la recommandation selon laquelle les gouvernements devraient veiller à ce que les femmes soient pleinement et équitablement représentées dans la prise des décisions », a poursuivi Mme Joe.

« La création de deux nouveaux ministères peut constituer une occasion de mieux définir notre rôle dans la relation Couronne-Autochtones et la relation de nation à nation », a déclaré Mme Joe. Dans son exposé de position sur le rapport entre les femmes autochtones et le concept de nation à nation, l’AFAC a précisé en quoi le gouvernement fédéral actuel manque à son obligation d’appuyer l’inclusion réelle des femmes autochtones. « Il faut élargir le cadre du concept de nation à nation pour y inclure l’AFAC, en reconnaissance du besoin crucial d’une optique de “genre” sur toutes les questions qui touchent le bien-être des femmes et des filles autochtones, ce qui comprend les mesures législatives et administratives comme celles que le Cabinet du premier ministre vient d’annoncer. Je me réjouis à la perspective de travailler avec la ministre Bennett et la ministre Philpott afin de trouver des moyens d’améliorer le bien-être des femmes et des filles autochtones. »

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La voix nationale des femmes autochtones réduite au silence au niveau national

OTTAWA (Ontario), le 8 septembre 2017 – L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) n’a pas reçu d’invitation à la prochaine rencontre des premiers ministres announcée le 7 septembre 2017. « Le Cabinet du premier ministre du Canada maintient une approche de nation à nation qui exclut délibérément les points de vue des femmes sur les décisions qui touchent leur vie », a déclaré la présidente de l’AFAC, Francyne D. Joe.

La mise en œuvre du Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques et la croissance économique durable seront à l’ordre du jour de la rencontre des premiers ministres, le 3 octobre. Il est établi que les changements climatiques touchent particulièrement les gens qui vivent dans la pauvreté, un groupe où les femmes et les enfants autochtones sont surreprésentés. Lorsque les Autochtones sont refoulés d’un territoire par la colonisation, les changements climatiques et la pollution, ils en subissent des répercussions mentales, émotionnelles, physiques et spirituelles. Les effets sont profonds sur la santé maternelle, la sécurité économique et la capacité à partager le savoir traditionnel d’une génération à l’autre.

« Pour reconnaître la valeur des femmes autochtones et de leurs communautés, promouvoir les droits des Autochtones et combattre l’inégalité entre les sexes, il faut que les femmes autochtones aient leur mot à dire dans la planification des mesures d’urgence, la durabilité environnementale et les discussions entourant les changements climatiques », a poursuivi Mme Joe.

« Ce modèle de renouvellement des relations ne tient aucun compte de la nécessité absolue d’un point de vue de « genre » dans la prise de décisions. Il dénigre le rôle des femmes autochtones en tant que représentantes égales de leurs peuples et réduit l’AFAC au silence en tant qu’organisme que les femmes autochtones ont établi pour promouvoir et défendre leurs droits et leurs intérêts au niveau national. »

L’AFAC a été exclue de la réunion des premiers ministres de mars 2016 et de celle du 9 décembre 2017, ainsi que d’une rencontre de réconciliation de haut niveau avec le Cabinet du premier ministre, le 8 décembre 2017. « Le cadre de nation à nation actuellement en place est un échec, il ne décolonise pas la relation du Canada avec les femmes autochtones », souligne la directrice générale, Lynne Groulx. « Quand nos points de vue sont ignorés, le gouvernement perpétue l’inégalité structurelle envers toutes les femmes autochtones. Il place les femmes autochtones au second rang des priorités. »

« Les femmes autochtones sont fortes et résilientes; elles méritent de s’exprimer elles-mêmes et d’établir des priorités au niveau le plus élevé. Notre message au premier ministre Trudeau, c’est que l’édification des nations et la réconciliation sont aussi l’affaire des femmes autochtones », a conclu Mme Joe.

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