La voix nationale des femmes autochtones réduite au silence au niveau national

OTTAWA (Ontario), le 8 septembre 2017 – L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) n’a pas reçu d’invitation à la prochaine rencontre des premiers ministres announcée le 7 septembre 2017. « Le Cabinet du premier ministre du Canada maintient une approche de nation à nation qui exclut délibérément les points de vue des femmes sur les décisions qui touchent leur vie », a déclaré la présidente de l’AFAC, Francyne D. Joe.

La mise en œuvre du Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques et la croissance économique durable seront à l’ordre du jour de la rencontre des premiers ministres, le 3 octobre. Il est établi que les changements climatiques touchent particulièrement les gens qui vivent dans la pauvreté, un groupe où les femmes et les enfants autochtones sont surreprésentés. Lorsque les Autochtones sont refoulés d’un territoire par la colonisation, les changements climatiques et la pollution, ils en subissent des répercussions mentales, émotionnelles, physiques et spirituelles. Les effets sont profonds sur la santé maternelle, la sécurité économique et la capacité à partager le savoir traditionnel d’une génération à l’autre.

« Pour reconnaître la valeur des femmes autochtones et de leurs communautés, promouvoir les droits des Autochtones et combattre l’inégalité entre les sexes, il faut que les femmes autochtones aient leur mot à dire dans la planification des mesures d’urgence, la durabilité environnementale et les discussions entourant les changements climatiques », a poursuivi Mme Joe.

« Ce modèle de renouvellement des relations ne tient aucun compte de la nécessité absolue d’un point de vue de « genre » dans la prise de décisions. Il dénigre le rôle des femmes autochtones en tant que représentantes égales de leurs peuples et réduit l’AFAC au silence en tant qu’organisme que les femmes autochtones ont établi pour promouvoir et défendre leurs droits et leurs intérêts au niveau national. »

L’AFAC a été exclue de la réunion des premiers ministres de mars 2016 et de celle du 9 décembre 2017, ainsi que d’une rencontre de réconciliation de haut niveau avec le Cabinet du premier ministre, le 8 décembre 2017. « Le cadre de nation à nation actuellement en place est un échec, il ne décolonise pas la relation du Canada avec les femmes autochtones », souligne la directrice générale, Lynne Groulx. « Quand nos points de vue sont ignorés, le gouvernement perpétue l’inégalité structurelle envers toutes les femmes autochtones. Il place les femmes autochtones au second rang des priorités. »

« Les femmes autochtones sont fortes et résilientes; elles méritent de s’exprimer elles-mêmes et d’établir des priorités au niveau le plus élevé. Notre message au premier ministre Trudeau, c’est que l’édification des nations et la réconciliation sont aussi l’affaire des femmes autochtones », a conclu Mme Joe.

Pour obtenir plus d’information, s’adresser à :

Lynne Groulx, directrice générale
1, rue Nicholas, 9e étage
Ottawa (Ontario) K1N 7B7
Tél. : 613-277-8831
Courriel : lgroulx@nwac.ca

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