OTTAWA – Aujourd’hui, l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) a annoncé son plan de réponse aux appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Intitulé Nos appels, nos actions, ce plan a été élaboré pour les femmes autochtones par des femmes autochtones, qui ont mis des années à le préparer. Il comprend 65 mesures concrètes que l’AFAC prendra pour répondre aux 231 appels à la justice lancés par les commissaires dans le rapport final de l’Enquête nationale, publié le 3 juin 2019.

« Dans notre rapport final, Réclamer notre pouvoir et notre place, nous avons souligné l’importance de la décolonisation et des approches fondées sur les droits pour la mise en œuvre des appels à la justice. Nous avons également insisté sur la nécessité que ce soient des femmes et des personnes de diverses identités de genre autochtones qui dirigent cet important travail. Le plan d’action de l’AFAC exprime bien ces principes essentiels, » a dit Marion Buller, Commissaire en chef, Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

« C’est ce que nos membres veulent que nous fassions. C’est ce que les commissaires de l’Enquête nationale ont dit qu’il faut faire. Et, surtout, c’est ce que les femmes autochtones du Canada demandent et ce que les victimes et les survivantes ont demandé dans tous leurs témoignages durant cette enquête », a dit Lorraine Whitman, présidente de l’AFAC.

Le plan de l’AFAC est axé sur l’action. Il est entièrement chiffré. Ses objectifs sont mesurables. Ses activités sont inclusives des femmes, des filles et des personnes de diverses identités de genre. Des approches particulières de la mise en œuvre des activités seront élaborées selon les besoins. Le plan sera constamment renouvelé et actualisé. Et il est aligné sur les appels à la justice de l’Enquête nationale.

Par la même occasion, l’AFAC annonce aussi sa plus récente initiative, la mesure la plus significative pour prévenir la violence, intervenir relativement à la violence et répondre aux appels de l’Enquête concernant les centres de guérison : les pavillons de résilience de l’AFAC; un pavillon de résilience est situé au Québec, un deuxième est en préparation pour son ouverture, au Nouveau-Brunswick et il y en aura d’autres qui seront construits à travers le pays.

Plus tard cette semaine, le gouvernement fédéral présentera les résultats du travail qui a été fait pour établir le plan d’action national demandé par l’Enquête nationale dans son appel à la justice 1.1. À regret, les dirigeantes de l’AFAC ne seront pas aux côtés du gouvernement à titre de contributrices à ce document. L’AFAC s’est retirée du processus qui a mené à la création de ce plan.

Comme l’a expliqué Mme Whitman dans une lettre adressée la semaine dernière à Carolyn Bennett, ministre des Relations Couronne-Autochtones, l’AFAC croit que l’approche adoptée par le gouvernement pour répondre aux appels à la justice est fondamentalement incorrecte.

Le gouvernement a formé un certain nombre de comités composés de représentants autochtones pour contribuer au plan du gouvernement du Canada. Mais on a refusé à l’AFAC de faire partie de groupes de travail de niveau clé, où les idées principales du Plan d’action national étaient formulées. On ne lui a pas permis de faire partie des comités des Premières Nations, des Métis, des Inuits, des personnes 2ELGBTQQIA, ni de celui du Cercle des familles et des survivantes, malgré le fait que ces comités traitaient des questions qui sont importantes exactement pour les femmes que l’AFAC représente. C’est donc dire que l’AFAC était exclue des processus décisionnels majeurs pour la création du plan du gouvernement du Canada, y compris des mesures concrètes et la mise en œuvre de ces mesures.

De plus, dans les comités dont l’AFAC était autorisée à faire partie, la représentante de l’AFAC, Lorraine Whitman, présidente de l’AFAC, a fait l’objet de manifestations de violence latérale et d’hostilité. Les choses ont fini par atteindre des niveaux qui ont forcé l’AFAC à se retirer du processus.

« Nous ne pouvions plus faire partie d’un processus qui était aussi toxique et dysfonctionnel », a dit Mme Whitman.

Pour ces raisons, l’AFAC ne peut pas être signataire du plan d’action annoncé par le gouvernement; cependant, nous appuyons tous les autres participants au processus de planification.

L’AFAC a l’intention d’aller de l’avant en collaborant avec le gouvernement, et avec toute la population du Canada, pour assurer la mise en œuvre de Nos appels, nos actions, son propre plan, qui est chiffré à la somme estimée de 30 millions de dollars par année. L’AFAC sollicitera ces fonds de tous les ordres de gouvernement, de donateurs privés et de fondations.

Au cœur de notre plan, il y a les pavillons de résilience, qui favoriseront la guérison holistique axée sur le territoire et offriront des services de « navigation » et de counseling dirigés par des aînées aux femmes, aux filles et aux personnes de diverses identités de genre autochtones. Les pavillons de résilience offriront des programmes de santé et de bien-être; ils aideront à préserver la langue et la culture. Ces pavillons favoriseront aussi l’autonomie sur le plan économique, qui aidera les femmes autochtones et leurs familles à se sortir de la pauvreté, à mettre fin à la marginalisation économique et sociale dont les commissaires de l’Enquête nationale ont dit qu’elle est l’une des quatre voies ouvertes au maintien de la violence.

Avec ce plan, l’AFAC s’engage à agir, à favoriser la résilience, à prévenir la violence et à intervenir pour sauver des vies.

« Les documents idéalistes et les plans pour établir des plans sont chose du passé. Il est temps de donner suite aux appels à la justice, a dit Mme Whitman, il est temps de mettre fin au génocide ». Les 231 appels à la justice, ce sont « Nos plans » et le plan de l’AFAC, c’est « Nos actions ». 

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Pour obtenir plus d’information ou prendre des arrangements pour une interview, communiquer avec Gloria Galloway, à gloria@gloriagalloway.com ou au 613-447-6648.